Le montage

 

 

La critique (1)

 

 

La critique (2)

 Communication

Si vous avez déjà lu "Cent minutes", vous savez désormais que mon style est assez "cinématographique" (descriptions très visuelles, passages fréquents d'un groupe de personnages à un autre, etc.). Dans le cas contraire, lisez-le !

En tout cas, qui dit cinéma, dit montage. Vous avez votre thème, vos personnages, vos lieux, des situations qui sont installées, et au bout d’un moment; plusieurs centaines de pages écrites, qu’il vous faut agencer. C’est là que le montage entre en jeu. 

J'adore cette phase ! Vous pouvez tout faire: déplacer, couper, rallonger des scènes, etc. Mais en même temps, vous pouvez vous rendre compte que certains passages ne fonctionnent pas, parfois, de longs passages...

À ce moment-là, il faut "s'asseoir" sur sa fierté et tailler dans le texte. L'efficacité prime sur la quantité.

« 32 possibilités » est sorti depuis presque un mois maintenant, et les critiques commencent à arriver !

Avec le même petit trac qu’au début, je les découvre...

Elles proviennent en premier lieu des « lecteurs tests », essuyant les plâtres de mes premiers jets littéraires, me demandant de couper ci, ou de développer ça, corriger des lourdeurs, etc. Elles sont primordiales, car émanant de personnes de confiance n’ayant que peu d’appréhension à me blesser dans ma fierté d’écrivain, et dont je peux "étalonner" l'avis.

Viennent ensuite les critiques en provenance d’internet. Elles sont, là encore, dépourvues du moindre affect, puisque les personnes me donnant leur jugement ne me connaissent pas. Je n’ai, par contre, que peu d’informations sur l’identité de mes « critiques littéraires », ce qui peut être pénalisant pour l’analyse de leur prose. 

Car c’est bien ça le principal : que retirer des remarques de lecteurs ?

Pour répondre à la question précédente, disons qu'il faut séparer deux choses : l’avis strictement personnel du lecteur, et le pointage d'une véritable erreur d’écriture. En effet, que penser d’une critique telle que celle-ci (c’est un exemple), et pointant une lourdeur de style ? 

« J’ai trouvé, mais ça n'engage que moi, quoique d’autres pourraient penser le contraire, enfin ça dépend de plusieurs paramètres, que votre façon de vous exprimer par écrit, était lourde ».  

Vous voyez où je veux en venir...

Il faut absolument « comprendre » la critique et la prendre pour ce qu’elle est : un avis, en partie, subjectif. 

Cela ne veut pas dire que je n’y prête pas attention, bien au contraire. J’essaye simplement de ne pas trop mettre d’émotion dans la découverte de celles-ci (aussi bien les bonnes que les mauvaises), et de rester détaché au maximum des sentiments qui y sont liés. Le but de tout ça étant de progresser...

Site Internet, Facebook, mailing-list, affiches, séance de dédicaces, interviews, démarchages auprès des acteurs du monde littéraire, etc. Tout ça pour récupérer quelques miettes, gentiment laissées par les gros pontes du domaine de l'édition.

Ce qui est désolant, c'est que le fond (du livre) n'importe que peu, du moins dans un premier (et second ?) temps.

C'est la forme qui est primordiale !

Vous devez être visible partout, demeurer en tête des classements, recevoir des prix littéraires — pour certains totalement sans valeurs — , avoir des chroniques dans les magazines, etc. Si vous n'avez pas ça, vous ne déborderez jamais du cadre "familial". C'est triste, mais c'est ainsi.

Alors je m'y suis mis, moi aussi, cherchant à glaner des lecteurs partout où je pouvais en trouver, avec hélas pour principale conséquence, une sensation d'abattement.

Heureusement, il arrive parfois qu'un lecteur vienne à moi, et me gratifie d'un: "J'ai adoré votre roman !"

Alors là, la machine se relance...

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Julien Morit - auteur de "Cent minutes" et "32 possibilités"

Julien Morit

8080mots, Julien Morit, numéro 1

Cent minutes, 32 possibilités, numéro 1