Personnel ou pas ?

Gros coup de stress !

Résoudre les intrigues...

L’écriture, c’est comme la peinture...

Je suis dans l'écriture de mon troisième roman. Il abandonne (changement par rapport aux deux premiers) l'aspect "fantastique" (voir article ici) au profit d'un style plus "Thriller-istique".

Le problème qui se pose alors est un souci de véracité extrême, le côté "Pourquoi pas ?" apporté par le style fantastique ne pouvant vous aider à éluder cette facette. Cela implique donc d'instaurer une notion de réalisme, et par extension, de faire ressentir une partie de votre vécu, celui-ci étant par essence, "vrai". 

Mais comment décrire précisément ce que peut vivre une femme au moment de l'accouchement, transcrire la sensation ressentie par un homme se faisant poignarder, ou révéler la joie de se faire accepter dans une école renommée, après des années de travail acharné; sans sonner faux ? C'est là qu'entre en jeu l'aspect personnel. 

Doit-on faire dire à nos personnages ce que l'on ressent au plus profond de nous-même, ou bien rester dans le "fantasme" de la situation, et s'imaginer ce que l'on peut éprouver dans de telles circonstances ? Vaste question !

Il est 8 h 20 et j’allume la machine qui est à mes côtés depuis déjà huit ans et 2 romans (entre autres). Le bouton est pressé et j'attends, mais rien n'évolue, l’écran reste figé sur une image sans vouloir aller plus loin.
Là, les yeux rivés sur les boules de couleur immobiles, alors censées se regrouper en un drapeau quadricolore (emblème d’une célèbre entreprise américaine), je comprends. Je fais face à un « plantage » dans les règles de l’art !

Ma dernière sauvegarde remontant à quinze jours, j'ai peur. Car depuis lors, j’ai beaucoup écrit, une trentaine de pages de mon futur roman dont seule cette satanée machine possède une trace, stockée sous forme de 0 et de 1. Comment ai-je pu être aussi bête ? (Ce n'est pas le mot que j'ai employé ce jour-là).
S’ensuivent 48 h de stress, de manipulations, d’écrans bleus, d’erreurs système, etc. pour tenter de sauver ce qui peut l’être. À la fin, je suis épuisé, dépité, résigné. Je suis prêt à abandonner, mais tente encore quelques coups de scalpel numérique pour récupérer le fruit de mon labeur. Et soudain, je réussis. Je vois revois mon fichier, je peux l’ouvrir… et il est complet !
Je viens de récupérer mon « bébé ». Ouf !
À présent, ce sera une sauvegarde journalière (ce qui aurait dû être le cas depuis le début).

Mon deuxième roman « 32 possibilités » aura soulevé chez moi une interrogation : faut-il résoudre les intrigues, ou autrement dit, doit-on répondre à toutes les questions soulevées ?

Après de longs atermoiements, j’ai décidé de laisser la porte ouverte à l’interprétation; le thème de « 32 possibilités » prêtant à cela. Après tout, chacun s’approprie un roman à sa manière, "armé" de son ressenti et de son vécu. 

Évidemment, si vous lisez mon roman, vous vous rendrez compte qu'il ne se limite pas à cette seule question (Que feriez-vous si vous aviez la possibilité de vivre la vie d'autrui ?), et que de nombreuses sous-intrigues emmènent à s’interroger plus profondément sur des sujets variés. En tout cas je l'espère.

Reste que tout au long du roman, je ne prends pas parti et ne résous donc pas certaines intrigues. Cela m’a été reproché par certains lecteurs et m’a donc intrigué... d'où mon billet du jour.

Alors, dois-je laisser libre cours à votre imagination, ou au contraire, la « museler » avec mes propres réponses ?

… ou presque !

D’abord, les traits d’ébauche : l’idée générale, les personnes, les lieux, etc.

Puis, la mise en perspective : itinéraires de chacun des personnages, rebondissements, gestion du temps, etc.

Ensuite, la couleur : moments tristes ou joyeux, instants d’action ou de relâche, descriptions, dialogues, etc.

Enfin, l’uniformisation : le style d’écriture ayant pu évoluer durant le temps de l’écriture (environ un an 1/2 pour moi), il faut rendre cohérente l’intégralité du texte. Ce faisant, l’on finit de créer sa « toile ».

Il n’y plus qu’à la présenter au public...


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Julien Morit - auteur de "Cent minutes" et "32 possibilités"

Julien Morit

8080mots, Julien Morit, numéro 1

Cent minutes, 32 possibilités, numéro 1